Societe de gériatrie et de gérontologie de la guadeloupe

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Présentation de la SGGG par la Vice-Présidente

Rencontre avec le Dr Tatiana BASILEU-ZOZIO, gériatre et membre de l’équipe mobile gériatrie au CHU Pointe à Pitre, vice-présidente de la SGGG

  • Comment définiriez vous la SGGG ?

Je dirais que c’est une association de passionnés au départ. Nous sommes 4 à l’origine de ce projet : le Dr Leila RINALDO gériatre qui en est la présidente, Mme Sandrine BELSON psychologue-neuropsychologue notre trésorière et Mme Valéry BOULOGNE, psychologue spécialisée en gérontologie, notre secrétaire. Nous sommes toutes très impliquées dans le soin de nos aînés en particulier, et dans les domaines autour de la gérontologie et la gériatrie en général. C’est à la fois le constat du manque de fédération des divers corps de métiers, et la nécessité pour nous d’aborder la question du vieillissement de notre région avec une vision large donc avec tous; qui nous ont poussé à créer cette société régionale, tout comme celle qui existe déjà en Martinique (la société Martiniquaise de Gériatrie et Gérontologie) ou même au plan national (la Société Française de Gériatrie et Gérontologie) à laquelle nous sommes affiliées.

La SGGG, c’est avant tout un élan d’espoir, en espérant fortement que tous ceux souhaitant apporter leur pierre à l’édifice nous rejoignent. C’est surtout un espace de réflexion et un lieu d’échanges pour anticiper ce vieillissement qui a déjà commencé sur notre île.

  • Quels sont vos projets ?

Les projets sont divers et ambitieux avec l’énergie des débuts !!

Sur le plan local pour commencer, nous aurons deux grands champs d’action. Le premier orienté vers les professionnels de terrains, le second vers le public.

Concernant les professionnels de terrain, je dirais que nous avons à cœur de rassembler les acteurs de terrain de tous les champs, et de les laisser exprimer leur vision de la situation afin de proposer des actions le mieux adaptées à la réalité de nos problématiques locales. Par exemple, dans l’existant, nous devons dénombrer bien sur nos faiblesses, mais surtout nous souvenir que nous avons des forces vives sur le terrain qui ne demandent qu’à être exploitées ! Ainsi nous avons en Guadeloupe un nombre important d’Infirmiers libéraux ! Pourquoi ne pas envisager avec eux comment améliorer la prévention de la fragilité où le signalement de personnes à risque pourrait permettre des actions de prévention ciblée ? ! Autre « faiblesse » locale: le manque de services à la personne… Il peut être aussi perçu comme une niche d’emplois à développer dans un pays où le chômage atteint un taux record… On peut imaginer des salons de rencontre entre investisseurs et jeunes autour de projets portant sur les nouveaux métiers du monde de la gérontologie, sur la silver Economy ou encore sur les nouvelles technologies …

Ainsi et avant tout, côté professionnel ; nos projets porteront surtout sur des groupes de travail ciblant une fédération des idées lors de rencontres inter professionnelles régulières s’inscrivant dans la continuité et des projets à longs termes.

 

Côté grand public, il n’est plus à démontrer l’intérêt de la prévention et du bien vieillir. Cela passe par des actions aux côtés d’autres acteurs de santé publique, sur l’importance de la gestion de son mode de vie. Activité physique et bien manger, en valorisant le terroir local, seront bien sur notre message phare, en ciblant les spécificités du grand âge. Etendre ces actions dans les quartiers et les communes et penser aux territoires plus en difficulté du fait de leur isolement comme Marie Galante, feront aussi partie de nos préoccupations.

 

  • Nos projets au niveau national

Enfin sur le plan national, il s’agit de faire connaître notre région et notamment sa situation particulière, qui comme celle de la Martinique, nous positionne en pionniers de la gestion du vieillissement démographique à venir en France et dans le monde. A nous de faire remonter nos analyses, nos propositions et nos essais, afin de participer aux réflexions sur le plan national, mais aussi afin que soit reconnus nos besoins spécifiques et surtout permettre l’adaptation des éventuels plans d’aide nationaux à notre réalité locale.

 

  • Quelle est votre analyse du vieillissement localement ?

En Guadeloupe, nous connaissons tous la situation d’un vieillissement plus rapide sur le plan démographique, depuis maintenant plusieurs années. La question n’est plus de constater ce vieillissement, mais plutôt de commencer à l’anticiper.

Ce qui ressort de toute analyse sur cet état de fait, c’est la nécessité impérative de commencer à organiser ces mutations profondes de notre société. Car il s’agit bien de cela, les solidarités intergénérationnelles qui permettaient jusque là le maintien au domicile bon gré mal gré de nos aînés, disparaît au fur et à mesure. Pour ne citer qu’un exemple, certains vivaient parfois dans une maison sans eau, mais pouvaient toujours compter sur le voisinage pour être approvisionnés. Aujourd’hui cette disponibilité des proches aux alentours a disparu, mais pas la précarité de certains logements ni la prise d’âge de leurs occupants. Les femmes sont le centre de familles monoparentales, où doivent se gérer désormais les parents, voire les grands parents, oncles et tantes, souvent cumulant maladies et perte d’autonomie. Les revenus sont précaires, et ne permettent pas toujours de mettre en place les aides à domicile qu’il faudrait. Et enfin l’accès aux aides et dispositifs parfois possibles, se fait le plus souvent trop tard, par manque d’informations et errance des familles, au moment de « crises » médico-sociales amenant le patient déjà devenu dépendant, aux urgences…

Il s’agit ainsi pour nous acteurs du monde de la gériatrie et de la gérontologie, formés tant à l’approche sanitaire que sociale de nos patients dans une vision globale, d’accompagner les réflexions qui seront bientôt incontournables en Guadeloupe. La gestion à venir de ces parcours de santé et de vie, s’ils ne sont pas mieux structurés, sera source de coûts économiques lourds mais aussi et surtout de véritables drames dans les familles Guadeloupéennes. Il est plus que temps de confronter le problème, et de faire les investissements nécessaires dès maintenant, plutôt que d’attendre, en se résignant ou en fermant les yeux, l’inévitable. Les enjeux et les conséquences sont d’ores et déjà considérables et palpables.

  • Quels conseils donneriez-vous aux seniors ?

 

A no séniors je dirai principalement deux choses.

La première c’est autant que possible de rester dans ce que j’appelle le « Bien Vieillir » voire plutôt et tout simplement le « Bien Vivre » (car cela s’applique à tous !), à savoir essentiellement manger sainement et en quantité suffisante (et pour cela j’invite vraiment les familles à se pencher sur l’importance capitale de la nutrition dans le maintien de l’autonomie des personnes âgées auprès des professionnels qui les entourent) ; mais aussi de « bouger » en s’adaptant si besoin à leurs âges ( et là aussi j’orienterai les familles vers les animateurs activité physique adaptée que certaines communes mettent à disposition dans les parcours santé communaux). Ce sont deux axes clés de prévention, qui impactent largement les pathologies cardiovasculaires et métaboliques comme le diabète, particulièrement présentes et sources de perte d’autonomie chez nous, et pour lesquels les 1ers acteurs capables d’opérer les changements sont avant tout les principaux concernés, à savoir les patients et leurs familles.

La deuxième serait de rester convaincus autant que possible de leur rôle majeur dans nos sociétés malgré la tournure que semble prendre la vie moderne et de l’impression probable qu’ils doivent avoir d’être rejetés par une société prônant le « jeunisme » à tout va. Ils sont pourtant nos piliers, nos bases, et doivent continuer à nous transmettre tout ce qu’ils ont pu récolté au cours de leur longue expérience, ceci malgré nos manquements ou nos ingratitudes de jeunesse. Ils sont la mémoire de notre île, de notre culture, de notre histoire. Quelque soit leur âge, leur maladie, leur handicap, ou leur isolement, ils sont un des plus beaux trésors de notre société. Pour cela leur vie n’a pas de prix et vaut bien plus que tous les musées et mémorial bâtis de nos mains… Je n’ai jamais entendu parler une pierre de la vie « en tan lontan », mais j’ai toujours reconnu l’éclat d’une histoire riche même à travers le simple regard de chacun de mes patients, aussi âgés ou malades soient-ils.

Sources :

INSEE, Premiers résultats n°73 – janvier 2011 et antinéchos n° 23 – janvier 2013

Contributions de professionnels de la gérontologie de la Guadeloupe

Dominique Felvia, happysilvers.fr, le site des seniors de 50 ans et plus et cabinet conseil en silver économie

Dominique Felvia, happysilvers.fr, le site des seniors de 50 ans et plus et cabinet conseil en silver économie

Préambule !

La Guadeloupe sera, selon les projections de l’INSEE, la 3eme région la plus âgée de France après la Corse et la Martinique en 2040. Entre départ des populations les plus jeunes, diminution des naissances et retour de retraités au pays natal, la part des personnes de 60 ans ou plus serait multipliée par 2,4, et celle des 80 ans ou plus, serait presque quatre fois plus nombreuses qu’en 2007. La forte augmentation de ces classes d’âge pèse déjà sur les politiques publiques : prise en charge de la dépendance, accès aux équipements et aux soins, aménagement du territoire, adaptation du transport, etc…

Bien et donc mieux vieillir est ainsi un enjeu majeur tant sur le plan sociétal, sanitaire qu’économique. Si le défi à relever est grand, certains Guadeloupéens ont décidé d’y répondre ensemble, à travers la création d’une association, la Société de Gériatre et de Gérontologie de la Guadeloupe qui a comme leitmotiv la cohésion, l’intégration et le partage de visions croisées de l’ensemble des acteurs de terrain, tant professionnels que du monde associatif.

En Guadeloupe, nous connaissons tous la situation d’un vieillissement plus rapide sur le plan démographique, depuis maintenant plusieurs années. La question n’est plus de constater ce vieillissement, mais plutôt de commencer à l’anticiper. Ce qui ressort de toute analyse sur cet état de fait, c’est la nécessité impérative de commencer à organiser ces mutations profondes de notre société.